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Dépenses pour économiser l’énergie1 et délai de cinq ans : comme en T.V.A. ?


En matière de contributions directes, certaines réductions d’impôts pour économiser l’énergie2 sont exclues si les dépenses concernent des travaux effectués à une habitation dont la première occupation précède de moins de cinq ans le début de ces travaux.

Par ailleurs, lorsque le montant total des différentes réductions excède la limite légalement prévue pour l’année en cause, on peut reporter l’excédent sur les trois périodes imposables suivantes.

Ce report n’est pas permis lorsque la première occupation de l’habitation précède d’au moins cinq ans le début des travaux3.

Une députée a interrogé le ministre des Finances sur la question de savoir si le délai de cinq ans prévu dans les deux dispositions précitées est identique au délai de cinq ans prévu en T.V.A. pour appliquer le taux réduit de 6 % sur les travaux immobiliers, en vertu d’une tolérance administrative qui permet de faire courir le délai de cinq ans au 1er janvier de la cinquième année calendrier, même si cela aboutit à ne pas avoir en totalité cinq ans de jour à jour (par exemple, pour une première occupation le 1er octobre 2006, on remplit la condition du délai de cinq ans en T.V.A. dès le 1er janvier 2011 et il ne faut donc pas attendre le 1er octobre 2011)4.

Le ministre des Finances apporte les réponses suivantes5 :

  • le calcul du délai de cinq ans doit en principe s’effectuer de jour à jour ;
  • lors de l’introduction de ladite condition de cinq ans, le législateur s’est basé sur la même définition déjà utilisée en matière de T.V.A. Par conséquent, le ministre estime que la tolérance administrative appliquée en T.V.A. dot être étendue aux impôts sur les revenus.

Cela signifie donc concrètement, précise le ministre, que la condition de cinq ans pour l’application des articles précités du C.I.R. 1992 est remplie quand l’habitation est occupée pour la première fois dans le courant de la cinquième année calendrier qui précède le début des travaux qui concernent des dépenses faites en vue d’économiser l’énergie.

N’oublions cependant pas qu’une tolérance administrative n’a pas valeur légale…

467 - janvier 2012

Céline Payen
Avocat au barreau de Verviers

NOTES

1 La matière des réductions pour dépenses en vue d’économiser l’énergie devrait être révisée prochainement (cf. accord de gouvernement), nous y reviendrons prochainement.

2 Art. 145/24, § 1er, al. 2, c), du C.I.R. 1992, tel qu’en vigueur à dater de l’exercice d’imposition 2010, à savoir les dépenses pour le remplacement des anciennes chaudières ou l’entretien d’une chaudière, les dépenses pour l’installation de double vitrage et les dépenses pour un audit énergétique de l’habitation.

3 Art. 145/24, § 1er, al. 5, du C.I.R. 1992, tel qu’en vigueur à dater de l’exercice d’imposition 2010.

4 La députée fait référence à la première occupation du logement dans le courant de la cinquième année calendrier précédant le début des travaux, prévue dans la circulaire 6 du 22 août 1986, §§ 61 et 62, et en réponse à la question n° 308 du 13 janvier 2010 de Mme Claes (Bull. Q. et R., Chambre, sess. 2009-2010, n° 94, p. 370).

5 Question n° 421 de Mme V. Wouters du 16 juin 2011 et réponse du ministre des Finances du 28 octobre 2011 (Bull. Q. et R., Chambre, sess. 2011-2012, 53-045, p. 3).