Entrée en vigueur du permis d’urbanisation, le nouveau permis de lotir


Le permis d’urbanisation, dont l’entrée en vigueur est prévue ce 1er septembre 2010, constitue sans conteste l’une des réformes les plus importantes de ces dernières années pour la politique de l’aménagement du territoire1. Il se veut une réponse aux lacunes constatées dans l’application du permis de lotir, outil qu’il vise à remplacer.

Cette réforme peut se résumer au travers de trois objectifs clés2:

1) Privilégier davantage une démarche de composition urbanistique d’ensemble, absente des permis de lotir actuels.

La formalisation de cet objectif transparaît dans le nouveau champ d’application du permis d’urbanisation. Ce dernier devient obligatoire lorsqu’est réalisée, préalablement à la division d’un bien emportant la création d’au moins deux lots non bâtis, « une conception urbanistique » qui vise principalement la construction de bâtiments destinés, en tout ou en partie, à l’habitation et, le cas échéant, la construction ou l’aménagement d’espaces publics ou collectifs, ou de bâtiments abritant des fonctions complémentaires à l’habitat. Le dossier de demande devra, dans ce cadre, en plus des prescriptions architecturales, définir les options d’aménagement envisagées pour le projet et intégrer notamment des vues représentatives en trois dimensions de la zone concernée.

2) Favoriser l’adaptation des formes urbaines existantes et à venir aux nouveaux défis de la société, et mettre ainsi fin à l’absence de caractère évolutif du permis de lotir.

La possibilité de faire évoluer, dans le respect de certaines conditions strictes, la valeur réglementaire des permis de lotir et d’urbanisation en valeur de rapport urbanistique et environnemental (document à valeur indicative) concrétise cet objectif. La suppression de la valeur réglementaire des plans de division s’inscrit dans la même logique. Il devient par ailleurs possible pour le collège communal de mettre en œuvre une modification de permis de lotir ou d’urbanisation existant pour répondre aux besoins des politiques locales.

3) Assurer une simplification administrative du mécanisme existant.

La possibilité qu’a le permis d’urbanisation de valoir permis d’urbanisme, pour la voirie qu’il crée, supprime ou modifie, mérite dans ce cadre d’être soulignée.

Précisions enfin que les permis de lotir existants subsistent. Un régime particulier leur est cependant applicable3.

436 - août 2010

France Lambinet
Etudiante en droit (2e Master)

NOTES

1 Références légales : C.W.A.T.U.P.E., art. 88 à 106, insérés par le décret dit « Resa ter », du 30 avril 2009 modifiant le C.W.A.T.U.P., le décret du 11 mars 1999 relatif au permis d’environnement et le décret du 11 mars 2004 relatif aux infrastructures d’accueil des activités économiques, M.B., 2 juin 2009 ; C.W.A.T.U.P.E., art. 311 et 312, concernant la composition de la demande et insérés par l’A.G.W. du 30 juin 2009 relatif au permis d’urbanisation, M.B., 22 septembre 2009 ; les nouveaux formulaires de décision sont repris en annexe de l’A.G.W. du 3 juin 2010 déterminant la forme des décisions relatives au permis d’urbanisation, M.B., 19 juillet 2010.

2 Pour une approche plus globale voy. notamment la circulaire ministérielle du 3 juin 2010 relative au permis d’urbanisation, M.B., 19 juillet 2010.

3 Décret dit « Resa ter », art. 109.