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L’élargissement des conditions d’accès à l’Institut des juristes d’entreprise : un beau cadeau pour les dix ans de l’Institut !


Jusqu’il y a peu, seuls les juristes travaillant dans une entreprise, que ce soit dans le secteur public ou privé, avaient la possibilité de se voir conférer la qualité de membre de l’Institut des juristes d’entreprise (I.J.E.1) et, partant, de porter le titre protégé pénalement de juriste d’entreprise2.

Si ce point peut paraître évident, force est cependant de constater que la notion d’entreprise reçoit généralement une acception économique3 et est dès lors moins facilement conciliable avec les entités exerçant une activité sociale, administrative ou scientifique.

Afin de lever toute question d’interprétation, la loi du 1er mars 2000 créant un Institut des juristes d’entreprise4 vient d’être modifiée5. Dans sa nouvelle mouture, elle substitue au terme « entreprise » le terme « employeur », lequel englobe les entreprises, fédérations d’entreprises et organismes dotés de la personnalité juridique, dans le secteur public ou privé.

De par l’ajout de la notion d’« organisme », les juristes travaillant notamment dans des hôpitaux, des mutualités ou des universités peuvent désormais devenir membres de l’I.J.E.

Précisons par contre que l’État, les Communautés, les Régions, les provinces et les communes n’ont pas la qualité d’organismes, et que les juristes travaillant pour ces collectivités publiques restent donc en dehors du champ d’application de la loi susmentionnée6.

Un nombre plus important de nos lecteurs a dorénavant la possibilité d’adhérer à l’I.J.E. et, par là même, de participer aux formations dispensées par l'Institut7, et de donner des avis juridiques confidentiels à leur employeur.

435 - juillet 2010

Maximilien Westrade
Legal & Compliance Officer, juriste d'entreprise

NOTES

1 www.ije.be.

2 Sur le sujet, référez-vous à Ph. Marchandise, « Le juriste d’entreprise : devoirs et responsabilités », Cah. jur., 2009/4, p. 85.

3 Une entreprise a « vocation à poursuivre un but économique, consistant en un excédent des recettes sur les dépenses » (projet de loi modifiant la loi du 1er mars 2000 créant un Institut des juristes d’entreprise, exposé des motifs, Doc. parl., Chambre, sess. ord. 2009-2010, n° 2467/001, pp. 3-4).

4 Loi du 1er mars 2000 créant un Institut des juristes d’entreprise, M.B., 4 juillet 2000, p. 23252. Référez-vous au nouvel article 4.

5 Loi du 19 mai 2010 modifiant la loi du 1er mars 2000 créant un Institut des juristes d’entreprise, M.B., 7 juin 2010, p. 35846. Cette loi insère en outre le terme « mastère [en droit] » dans la liste énumérant les conditions de diplôme.

6 Projet de loi modifiant la loi du 1er mars 2000 créant un Institut des juristes d’entreprise, exposé des motifs, Doc. parl., Chambre, sess. ord. 2009-2010, n° 2467/001, pp. 4-5.

7 Projet de loi modifiant la loi du 1er mars 2000 créant un Institut des juristes d’entreprise, rapport fait un nom de la commission de la justice par M. Eric Libert, Doc. parl., Chambre, sess. ord. 2009-2010, n° 2467/003, p. 3.